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jeudi 30 avril 2015

De mon voyage à Nagoya (partie 1)

Bien le bonjour, cher lecteur !

Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas l'intention de me plaindre dans ce billet, au contraire (ça se fête). En effet, comme je te l'ai annoncé dans un article précédent, j'étais sur le point d'aller incessamment sous peu rendre une visite imminente à ma famille d'accueil, qui habite à Nagoya (d'où le titre de cet article, oui, c'est bien, tu suis), et comme toujours quand il est question de ma famille d'accueil, je serais bien en peine de trouver la moindre petite raison de me plaindre. 

Mais commençons par le début. Un beau jour d'avril, donc, il m'est apparu que ça faisait presque un mois que j'étais arrivée au Japon, et autant de temps où je n'avais pas encore revu ma famille d'accueil, alors qu'on habite sur le même territoire. (Bon, pas tout près tout près, remarque, mais Nagoya est toujours moins loin de Takarazuka que du fin fond du Tarn). Décidant que c'était proprement intolérable et que la situation devait être rectifiée au plus vite, j'ai donc envoyé céans un message à Iwase-san, la maman de ma famille d'accueil, pour lui dire que je comptais passer à Nagoya leur rendre visite, ce à quoi elle m'a répondu que j'étais la bienvenue pour rester chez eux tout le temps que je voudrais. 

Étant tout à fait partante, un dimanche matin, j'ai donc pris mes cliques et mes claques, et au bord de la nausée après avoir fait trop de galipettes avec Thorin (mon vélo (=trop de pentes en allant à la gare sous un grand soleil, matinal, mais chaud quand même)), je suis montée dans le train JR de Takarazuka, avec changement à Ôsaka, Kyôto, Maibara, Ôgaki, pour enfin arriver à Nagoya quelque quatre heures plus tard. 

Aaah, Nagoya ! Ma mère-patrie, ma Terre Sainte, mon chez-moi ! Bon, même si j'exagère un poil, j'étais très contente de revoir la ville où j'ai (ou pas) fait les quatre cents coups pendant un an quand j'étais étudiante à Kendai. (La vérité vraie, c'est que j'ai passé une moitié de l'année à glander dans mon appart et l'autre moitié à bosser comme une forcenée sans une minute à moi, donc, ben la ville, je ne la connais pas siii bien que ça, en fait. Mais qu'importe.)

Comme toujours, ma famille n°2 m'a merveilleusement bien accueillie. Au dîner, takoyaki (boulettes de poulpe) que j'adore (après, c'est pas difficile, concernant la bouffe, j'adore généralement tout, sauf le nattô), et que je n'avais pas encore mangé depuis mon arrivée.  Cette fois-ci, j'ai pensé à vous et j'ai pris plein de photos.

Takoyaki faits maison !
 
Le lendemain lundi, Iwase-san travaillant, j'avais prévu d'aller rendre visite à mes anciennes collègues de la boulangerie, qui m'ont fait l'honneur de pouvoir se libérer un peu pour qu'on aille manger ensemble, mais pas avant 14h. Ce qui m'a donc laissé la matinée libre pour aller visiter un peu les lieux qui m'évoquaient des souvenirs, comme Sakae (le centre-ville), le sanctuaire d'Ôsu Kannon, et les environs. 

Le sanctuaire d'Ôsu Kannon, avec les deux madames en kimono qui passent devant.

Un tout petit truc à côté d'Ôsu Kannon auquel je n'avais jamais accordé vraiment d'attention jusque là mais qui était très joli avec les azalées en fleurs.


Le shôtengai (galerie marchande couverte) près d'Ôsu Kannon, où j'adore aller me balader.

Un petit sanctuaire trouvé par hasard en passant entre Ôsu Kannon et Kamimaezu.


Finalement, je suis enfin arrivée à Minato-Kuyakusho, l'arrêt de métro où j'habitais et où je travaillais en tant que boulangère. Mazette ! Que de changements ! Plus de terrain vague à côté de la gare, remplacé par du béton de parking pour trois nouvelles enseignes, un restaurant d'udon (des sortes de grosses pâtes blanches gluantes), un restaurant Comeda, et un Lawson (convenience store) tout nouveau tout beau, ce qui m'a rendue très jalouse parce qu'il n'y avait pas de combini quand moi j'y habitais et c'était quelque chose dont je me plaignais souvent (car j'aime me plaindre, comme vous le savez). 

Je sais pas si vous voyez, mais y'a mon Valor là-bas derrière ! (Le bâtiment blanc avec l'écriture rouge et le gros poteau électrique devant (oui je sais, la photo est magnifique))

Minato-Kuyakusho s'est donc vu honoré d'un combini qui lui manquait jusque là cruellement, et qui m'a fait manquer Minato-Kuyakusho cruellement. 

Toutefois, la navette gratuite qui allait jusqu'au centre commercial Aeon, à une vingtaine de minutes à pied de là (et cinq minutes en vélo) ne tournait plus, et je me suis dit que bon, finalement, tout ne changeait pas en mieux. J'ai donc fait la route à pied (parce que j'avais oublié mes omiyage (cadeaux-souvenirs) pour mes collègues et que j'avais trop la honte de me présenter sans rien leur offrir, et que je me souvenais qu'il y avait une boutique Kaldi Coffee Farm à Aeon qui vendait des produits étrangers, et entre autres français), sous une chaleur cuisante (j'ai PEUR pour cet été). A peine étais-je arrivée à Aeon que la navette sus-nommée quittait le parking, reconnaissable à sa couleur violet clair, et que je me rendais compte que tout compte fait, elle tournait toujours - simplement, ils avaient juste enlevé les horaires de l'autre côté. Hu hu hu. 

Bon, c'était toujours une bonne nouvelle, ça voulait dire que je n'allais pas faire le chemin du retour à pied sous le cagnard, et qu'il me restait assez de temps pour aller trouver des cadeaux. Convaincue par deux bouteilles de cidre doux, des tartelettes Bonne Maman à la fraise et au citron, et un pot de confiture de châtaignes (la même que celle que je consommais goulument en France, juste deux fois plus petite et trois fois plus chère), je suis donc passée en caisse, où la vendeuse m'a fait tirer deux tickets à gratter dans une urne et s'est extasiée de me voir gagner deux fois.

Forte de mes réductions et de mes cadeaux français (aux étiquettes japonaises, mais qu'importe), j'ai retrouvé mes boulangères, qui étaient enchantées de me revoir et qui se sont mises à me parler du bon vieux temps, de ce qui avait changé, de mon ex-chef bien-aimé qui est parti à Toyama (mais qui se rappelle encore de moi, youhou!) et de comment c'est nul depuis qu'il est plus là parce que le nouveau chef ne vient jamais les voir dans la boulangerie, et comment la boulangerie fait beaucoup moins de chiffre d'affaires depuis que je suis partie. (Véridique !! Bien que je ne sois pas sûre que les deux faits soient liés...)

Un restaurant d'udon plus tard (où mes collègues s'émerveillent de me voir manger des udon froids et des tempura (trucs enrobés de friture, en l'occurrence, crevette et légumes), comme si je ne mangeais pas tout ce que le Japon a à me servir ! Moi !), on va boire un petit verre à l’œil à la boulangerie, où les nouvelles qui ont pris ma place ont l'air très gentilles et très souriantes, et puis mes deux collègues doivent retourner travailler, et je leur fais la promesse de les prévenir à temps la prochaine fois pour qu'on puisse aller faire un karaoke ensemble un matin (apparemment, c'est moins cher le matin).

Ceci fait, je décide d'aller me balader un peu dans le coin.

Rubrique : les coins préférés de Sana au Japon
Coin n°1 : le port de Nagoya

Autant mettre les choses au clair tout de suite. Le port de Nagoya n'est pas très joli. Ce n'est pas un port de plaisance, c'est un port de commerce, et l'eau n'est pas très belle, toute rouge (oui, ne me demandez pas comment ça se fait, parce que je n'en sais rien, mais sachez que je n'exagère pas, cette fois, il aurait fallu me payer pour que je mette un doigt de pied dedans), et on est dans une baie, donc on ne voit pas vraiment la mer, on sait que c'est la mer, mais on ne la voit pas, et au bout, il y a un énorme pont (que j'adore, mais là n'est pas le sujet), et des caisses de containers, et une jetée en béton, et bref - c'est pas très joli. 

Toutefois, lorsqu'on sort du métro "Nagoyako" (port de Nagoya), qu'on laisse sur sa droite le très célèbre aquarium (auquel je ne suis jamais allée alors que j'ai habité à trois pas pendant un an), et qu'on continue, les voitures ne viennent plus sur l'avenue (vu qu'au bout, c'est le port, donc c'est une impasse), il y un très grand bâtiment blanc qui a une forme bizarre, qui est probablement le bâtiment où sont gérées les entrées et les sorties du port, et à gauche, il y une immense esplanade, où ont lieu des festivals pendant l'été (le feu d'artifice du port est tiré pas loin de là), mais qui, lorsque j'y vais, est juste absolument désert, et un joli parc derrière, tout aussi désert, et encore après ça, les dernières façades italiennes que j'avais repérées la première fois et qui étaient en cours de destruction et qui ne seront probablement plus là la prochaine fois que je viendrai. 

Le bâtiment bizarre, que j'aime beaucoup

Le port. Vous voyez le pont au fond ? C'est mon pont. (Mais cette histoire d'amour sera pour le prochain article.)
Ma fontaine (et si vous regardez bien, vous voyez un joli plan de glycine derrière, devant les palmiers)

Près de la jetée (on voit pas trop le béton, tant mieux.)




Mes façades italiennes qui vont sans doute disparaître sous peu...

Mon immense esplanade vide que j'aime beaucoup aussi.

Bref, j'adore ce parc, son calme, et le fait qu'il n'y ait jamais personne là-bas (j'aime beaucoup les endroits déserts), et quand il fait beau (et ce lundi, il faisait très beau), j'ai toujours l'âme qui chante de venir là. 

Après avoir profité de la solitude du lieu, des glycines dans le parc, de la fontaine toute bleue, de l'esplanade vide au soleil, et de la vue sur la mer (oui, elle est pas jolie, mais ça reste la mer!), je suis repartie chez la famille Iwase, où on a joué au Jungle Speed que j'avais offert aux enfants à Noël d'il y a deux ans et demi, et où on a mangé des boulettes de viande frites au soir qui étaient délicieuses. 

Le lendemain, j'avais pour projet d'aller du côté de la fac, et du parc de l'autre côté de la Linimo (le métro local). 

Rubrique : les coins préférés de Sana au Japon
Coin n°2 : Moricoro Park

J'aime beaucoup les endroits calmes et déserts. Moricoro Park étant situé de l'autre côté de l'arrêt de train de ma fac, je m'y suis rendue plus souvent qu'à mon tour à la pause déjeuner, ou lorsqu'un cours était annulé, pour profiter du calme du jardin zen et de la jolie balade à côté. 

Manque de bol, ce mardi-là, il y avait un évènement particulier, et des hordes d'écoliers en chapeaux jaunes peuplaient la Linimo et convergeaient vers le parc à la sortie du métro. Je me suis dit "ouh là". (Il faut savoir que je n'ai pas trop la fibre avec les enfants.) Mon plan "je m'arrête à Moricoro Park et je lis tranquillement assise dans un petit coin tranquille à l'ombre avec devant moi le lac et les beaux arbres aux feuilles ondulant tranquillement dans le vent" s'est vite transformé en "je joue à cache-cache avec les écoliers et j'emprunte les chemins où ils n'y sont pas". Je n'avais pas trop la foi de me faire dévisager bouche bée pendant toute une matinée, et ça avait déjà bien commencé dans la Linimo, avec les gosses qui étaient à côté de moi. 

J'ai donc bien pris mon temps pour les laisser partir devant (technique qui n'a servi à rien au demeurant puisqu'ils se sont installés par terre à l'entrée pour recevoir des instructions de leurs professeurs). Je me suis donc dépêchée de les laisser derrière, en passant par l'ouest, où j'avais souvenir d'une petite promenade toute sympathique avec une sorte de petit promontoire, un peu reculé. A peine arrivée au promontoire, débarque une nouvelle horde de gamins. Je m'enfuis donc vaincue, et me dirige vers le sud du parc, la Promenade n°1, ma préférée avec le lac, et le jardin zen. Ouf, apparemment, l'évènement avec les gosses avait lieu dans la partie nord, et ils ne m'ont pas suivie jusque là. J'ai donc pu tranquillement m'extasier sur la beauté et la tranquillité du lieu, sur le magnifique vert des érables (shinryoku, "nouveau vert", c'est comme ça qu'on appelle les feuilles du printemps qui viennent juste de naître, et c'est magnifique), et lire avec un profond sentiment de béatitude. 

Les érables verts et les érables rouges (qui ne sont normalement rouges qu'en automne, au moment de kôyô, mais là c'est une sorte particulière d'érables, paraît-il).

La Promenade du Moricoro Park que j'aime tellement, et qui est magnifique tout le temps, mais encore plus au printemps et à l'automne.

Un joli petit pont japonais.

Contraste d'érables avec le lac derrière...

Puis, je suis allée visiter ma fac, et surtout les endroits que j'aimais le plus : là où les pianos peuvent être utilisés par tout le monde dans de petits studios, et derrière la cantine, là où on a une jolie vue sur les collines de derrière (mon ex-fac est un peu perdue dans la nature, et c'est très joli). 

Ensuite, j'avais rendez-vous avec Iwase-san, qui voulait me faire connaître un endroit qu'on lui avait fait connaître : un parc nommé Shiomi Kôen dans la ville de Tajimi (je dis ville, mais en fait le parc était en pleine montagne, vraiment, il fallait monter une route en zigzag pendant un quart d'heure, déconseillé à ceux qui sont malades en voiture!). Un endroit absolument désert lui aussi, d'où, par les jours de beau temps, on peut voir les hautes montagnes de Nagano, le mont Ontake (celui où il y a eu l'éruption), la montagne Ibukiyama de l'autre côté, bref. Ce jour-là, il faisait un peu brumeux donc on n'a pas pu les voir, mais la vue était quand même sublime ! 

Il y avait aussi dans le parc un petit bois magnifique, qui sentait la nature, avec un rossignol japonais qui chantait, sans aucun bruit parasite, pas de voiture, pas de camionnette d'élection, rien que le vent dans les feuilles et le chant des oiseaux, le petit tube de bois de bambou typiquement japonais qui se remplit d'eau avant de tomber avec un "poc" et de se remplir à nouveau, et qui s'appelle shishi odoshi (si vous ne voyez pas de quoi je parle, eh bien tant pis, je ne peux pas trop le décrire, parce que c'est vraiment quelque chose de typiquement japonais), et c'était juste le bonheur sur terre. (J'aime beaucoup la nature.)

Le shishi-odoshi, le "truc qui fait poc!" à gauche (le lien mène à son article Wiki).

Le bois tranquille et paisible de Shiomi Kôen.

Ensuite, on est rentrés à la maison, et le soir, on a mangé un shôgayaki (de la viande cuite dans la sauce shôga) cuisiné par Iwase-san qui était si bon que j'aurais pu lécher l'assiette si je n'avais pas eu peur de paraître mal élevée (même si j'étais à deux doigts quand même). 

Et le lendemain, ah, le lendemain... Le lendemain, on est allés à Ise. Mais c'est encore une longue partie, donc je vous la raconterai dans un autre article. 

A bientôt !

3 commentaires:

  1. Rhaaa c'est vraiment superbe !! C'est dommage qu'on ait pas eu le temps de voir tout ça l'an dernier quand je suis venue à Nagoya, c'est vraiment hyper joli ! (*^*)
    J'aime beaucoup le port et le bâtiment avec une forme bizarre aussi !
    Et Morikoro Park aussi est super joli !

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    1. Ouais, la prochaine fois que tu viens et qu'on a plus de temps, je t'y emmène ! ^o^

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  2. Bonjour !

    Je ne sais pas vraiment si tu passes encore sur ce blog de temps en temps, mais comme je ne sais pas bien où je pourrais tenter ma chance pour te parler ailleurs... x)

    En fait, je suis en LLCE à Lille 3 en ce moment, et si tout se passe bien (aka si je valide ma deuxième année là), je dois partir à Nagoya l'an prochain (^0^), pas à Aichi, à NUFS mais passons.

    Bon, puis y a aussi le fait que j'aimerais être traductrice dans un avenir + ou - proche et que du coup j'aurais eu envie de discuter avec quelqu'un qui avait trouvé sa place dans le domaine. (><)
    (Surtout que tu traduis des trucs qui ont l'air fun)

    Bref, peut-être que c'est un message dans le vide, peut-être pas, on verra xD

    En attendant, j'ai beaucoup apprécié lire ton blog, que ce soit celui de 2011 ou celui de 2015 (^o^)

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